Installer des panneaux solaires photovoltaïques représente un investissement intéressant sur le long terme, mais peut être coûteux à l’achat. Pour accompagner les particuliers dans cette transition énergétique, l’État a mis en place un éventail d’aides financières, fiscales et bancaires. Ces dispositifs permettent de réduire significativement le coût global de l’installation et d’en améliorer la rentabilité. Voici un tour complet des aides disponibles en 2025, leurs conditions, montants, et les projets gouvernementaux envisagés pour 2026.
👥 Qui peut bénéficier de ces aides ?
Les aides au photovoltaïque s’adressent principalement aux propriétaires occupants, bailleurs, copropriétés, et dans certains cas, aux collectivités. La plupart des dispositifs sont ouverts sans condition de ressources, à l’exception de MaPrimeRénov’ et MaPrimeRénov’ Sérénité, qui ciblent les ménages modestes. Pour pouvoir en bénéficier, il faut généralement :
- Être propriétaire d’un logement construit depuis plus de deux ans ;
- Installer des panneaux photovoltaïques sur la toiture du bâtiment ;
- Faire appel à un professionnel certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) ;
- Ne pas dépasser une certaine puissance d’installation (généralement ≤ 100 kWc) ;
- En cas de vente d’électricité, raccorder l’installation au réseau public d’électricité.
Les locataires peuvent aussi bénéficier indirectement de ces aides si leur propriétaire décide d’installer des panneaux sur le logement.
📊 Tableau récapitulatif des aides au photovoltaïque en 2025
| Aide | Description | Conditions principales | Montant / Avantage estimé |
|---|---|---|---|
| Prime à l’autoconsommation | Prime versée aux particuliers qui consomment une partie de leur production | Installation ≤ 100 kWc, toiture, artisan RGE, revente du surplus | Jusqu’à 430 €/kWc sur 5 ans |
| Obligation d’achat (EDF OA) | EDF achète l’électricité à tarif fixe pendant 20 ans | Autoconsommation ou revente totale, artisan RGE, raccordement au réseau | 6 à 20 c€/kWh |
| MaPrimeRénov’ | Subvention pour l’installation de panneaux hybrides ou thermiques | Sous conditions de revenus, résidence principale, logement > 15 ans | Jusqu’à 10 000 € selon profil |
| MaPrimeRénov’ Sérénité | Aide pour rénovation énergétique globale | Ménages modestes, gain énergétique ≥ 35 %, logement > 15 ans | Jusqu’à 15 000 € selon ressources |
| Prime CEE / Énergie | Prime versée par les fournisseurs d’énergie | Travaux sur logement > 2 ans, panneaux thermiques ou hybrides uniquement | Montant variable selon profil |
| Éco-prêt à taux zéro | Prêt sans intérêts pour financer les travaux restants | Résidence principale, logement > 2 ans, artisan RGE, sans condition de revenus | Jusqu’à 50 000 € |
| TVA à taux réduit | TVA réduite sur les équipements et la pose | Artisan RGE, logement > 2 ans, puissance ≤ 3 kWc | TVA à 10 % (voire 5,5 % bientôt) |
| Aides locales | Soutien complémentaire des régions, départements ou communes | Variable selon collectivité | De 500 € à plusieurs milliers d’euros |
Prime à l’autoconsommation photovoltaïque
Cette aide est destinée aux foyers qui choisissent l’autoconsommation avec vente du surplus. En clair, vous consommez une partie de l’électricité produite par vos panneaux et revendez le reste à un fournisseur d’énergie. Il s’agit d’une prime à l’investissement, c’est-à-dire une aide directe versée pour encourager la production d’énergie renouvelable chez les particuliers.
La prime est ouverte à tous les ménages, sans conditions de revenus. Pour en bénéficier, vous devez installer des panneaux en toiture, avec une puissance ≤ 100 kWc, faire appel à un artisan RGE, et raccorder l’installation au réseau. Ce dispositif exclut les installations au sol ou non raccordées.
Son montant varie selon la puissance de l’installation et est versé en cinq annuités. En 2025, une installation de 3 kWc peut permettre de recevoir jusqu’à 1 290 €, soit environ 430 €/kWc, répartis sur cinq ans. Ce montant est réévalué tous les trimestres par arrêté gouvernemental. Plus la puissance augmente, plus le montant par kWc diminue.
Obligation d’achat (EDF OA)
L’obligation d’achat est un contrat de rachat de l’électricité produite par les panneaux solaires. Grâce à ce dispositif, vous pouvez vendre votre production (en totalité ou seulement le surplus) à un tarif garanti pendant 20 ans. C’est EDF OA ou un autre acheteur agréé qui se charge de cette opération.
Pour être éligible, l’installation doit respecter plusieurs critères : être réalisée par un professionnel RGE, être posée sur le toit, et être raccordée au réseau public. Un permis de construire ou une déclaration de travaux est souvent requis selon les cas.
Le tarif de rachat dépend de la puissance et de l’option choisie (vente partielle ou totale). En 2025, le prix du kWh revendu est compris entre 0,06 € et 0,20 €. La revente totale est mieux rémunérée que le surplus. Ce contrat est avantageux car il vous assure un revenu stable et sécurisé sur le long terme.
MaPrimeRénov’
MaPrimeRénov’ est une aide publique majeure, gérée par l’Anah, qui soutient la rénovation énergétique des logements. Contrairement à la prime à l’autoconsommation, elle est soumise à conditions de ressources. Elle s’adresse aux propriétaires occupants ou bailleurs, pour des logements construits depuis plus de 15 ans.
La pose de panneaux solaires photovoltaïques seuls n’est pas éligible. Seuls les panneaux solaires thermiques ou hybrides (qui produisent à la fois électricité et eau chaude) permettent de déclencher cette subvention. Les travaux doivent être réalisés par une entreprise RGE.
Le montant de la prime dépend à la fois du niveau de revenu du foyer et des économies d’énergie générées. Plus le gain énergétique est important, plus la prime est élevée. Elle peut atteindre jusqu’à 10 000 €, selon votre profil.
MaPrimeRénov’ Sérénité
Cette aide est une version renforcée de MaPrimeRénov’, réservée aux projets de rénovation globale. Elle est destinée aux ménages modestes ou très modestes, selon un barème défini par l’Anah.
Pour être éligible, le projet doit améliorer les performances énergétiques du logement d’au moins 35 %. L’installation de panneaux solaires seuls ne suffit donc pas : il faut y associer d’autres travaux comme l’isolation, le changement de chauffage ou la ventilation. Le logement doit avoir plus de 15 ans, et les travaux doivent être réalisés par un artisan RGE.
La subvention peut couvrir jusqu’à 50 % du montant total HT des travaux, soit jusqu’à 15 000 € pour les ménages très modestes, et 10 500 € pour les ménages modestes.
Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) ou prime énergie
La prime énergie est une aide complémentaire versée par les fournisseurs d’énergie dans le cadre des CEE. Elle est ouverte à tous les particuliers, sans condition de revenus. Son attribution est encadrée par une convention entre l’État et les fournisseurs.
Cette aide concerne uniquement les panneaux thermiques ou hybrides, pas les systèmes photovoltaïques classiques. Le logement doit avoir plus de deux ans, et les travaux doivent améliorer les performances énergétiques.
La prime peut prendre plusieurs formes : virement, bon d’achat, remise sur facture… Le montant dépend de nombreux critères : type de travaux, surface, zone climatique, revenus du foyer, et fournisseur choisi. Il est donc conseillé de comparer les offres de plusieurs acteurs.
Éco-prêt à taux zéro (éco-PTZ)
L’éco-PTZ est un prêt bancaire sans intérêts, dont les intérêts sont pris en charge par l’État. Il permet de financer le reste à charge des travaux après déduction des subventions. L’éco-PTZ est cumulable avec MaPrimeRénov’, la prime énergie, et d’autres aides locales.
Ce prêt peut financer l’installation de panneaux solaires dès lors que ceux-ci s’intègrent dans un bouquet de travaux cohérent. Le logement concerné doit être une résidence principale construite depuis plus de deux ans. Il n’y a aucune condition de revenus, mais la demande doit être validée par une banque partenaire.
Le montant emprunté peut atteindre jusqu’à 50 000 €, selon le nombre et la nature des travaux engagés.
TVA à taux réduit
Les particuliers qui réalisent des travaux d’amélioration énergétique peuvent bénéficier d’un taux de TVA réduit. Pour l’installation de panneaux photovoltaïques, la TVA applicable est de 10 % au lieu de 20 %. À partir du 1er octobre 2025, un taux encore plus favorable de 5,5 % pourrait être appliqué si l’installation intègre un système de stockage ou une gestion intelligente de l’énergie.
Cette TVA réduite s’applique uniquement si :
- Le logement a plus de deux ans ;
- La puissance de l’installation est inférieure ou égale à 3 kWc ;
- L’installation est réalisée par un artisan certifié RGE.
Ce dispositif permet une économie immédiate de plusieurs centaines d’euros sur la facture finale.
Aides des collectivités locales
En complément des aides nationales, certaines communes, départements ou régions proposent des subventions propres. Il peut s’agir de primes, de forfaits à l’investissement, ou de participation à des projets collectifs (copropriétés, tiers-lieux, bâtiments publics…).
Le montant et les modalités varient selon les territoires. Par exemple, certaines collectivités financent jusqu’à 30 % du coût d’une installation solaire, d’autres mettent en place des dispositifs de conseil ou de diagnostic gratuit.
Il est fortement recommandé de contacter votre mairie ou le conseil départemental pour connaître les aides disponibles localement. Attention, ces aides ne sont pas toujours cumulables avec les dispositifs de l’État comme MaPrimeRénov’.
🔮 Quels sont les projets du gouvernement pour 2026 ?
En 2026, le gouvernement prévoit de renforcer considérablement sa politique en faveur de l’énergie solaire. Plusieurs mesures sont à l’étude dans le cadre du Plan de Programmation Énergétique 2024–2033 :
- Élargissement de la TVA à 5,5 % pour toutes les installations ≤ 9 kWc avec gestion intelligente ou batterie de stockage ;
- Création d’une prime spéciale “stockage” pour favoriser l’autonomie énergétique ;
- Augmentation du plafond des aides locales cumulables avec les dispositifs de l’Anah ;
- Simplification administrative pour réduire les délais de raccordement et faciliter les autorisations d’urbanisme ;
- Nouveaux appels à projets pour les copropriétés et logements sociaux, avec un soutien renforcé aux projets collectifs.
L’objectif est ambitieux : faire passer de 500 000 à 1,5 million de foyers équipés d’ici fin 2030, tout en renforçant la souveraineté énergétique nationale.